Mission Prométhée / Manifeste
Rendrele feu.Partager le pouvoir.
La puissance technologique doit appartenir à celles et ceux qui en dépendent.
01 — La conviction
La technologie façonne nos vies.
Qui peut la façonner ?
La Mission Prométhée prend position contre la concentration du pouvoir technologique incarnée par les Big Tech. Une grande partie de l’économie numérique repose sur des infrastructures dont les utilisateurs dépendent sans pouvoir en fixer les règles, et sur des modèles qui tirent leur valeur de leurs données, de leurs productions et de leur attention. Le problème n’est pas seulement ce qui est extrait : c’est l’asymétrie de pouvoir qui rend cette extraction possible.
Elle appelle à une autre répartition du pouvoir. Chacun devrait pouvoir comprendre ses outils, décider de ce qu’il leur confie, les quitter, contester leurs usages et participer à leur gouvernance. Ce pouvoir doit s’exercer en pratique, sans qu’il soit nécessaire d’être expert.
Entre l’adoption sans recul et le rejet total, nous défendons une troisième voie : une technologie peut être puissante sans que son pouvoir soit concentré entre les mains de ceux qui la possèdent.
Prométhée porte cette idée : partager le feu et la capacité de s’en servir. La mission est d’empêcher que ce pouvoir soit de nouveau confisqué, y compris par les structures que nous construisons nous-mêmes.
02 — Une séparation fondatrice
Protéger une œuvre
n’autorise pas son usage.
Ce que l’on confie à un outil ne doit jamais devenir, en silence, la matière d’autre chose. Une œuvre confiée pour être protégée ne doit jamais alimenter automatiquement la recherche, l’entraînement ou un usage commercial. Chaque finalité exige un choix distinct et éclairé.
Un principe pour l’architecture que nous voulons construire.
Des corpus consentis.
Tout corpus partagé doit commencer par une participation volontaire à une finalité annoncée. Un accord pour conserver une œuvre ne couvre ni l’indexation, ni l’entraînement d’un modèle, ni l’usage par un partenaire.
Lire la note sur le consentement03 — Principes et engagements
Un cap pour ce que nous construisons.
Quatre principes.
Dix engagements.
Rendre la technologie accessible.
L’accès dépend du prix, de l’ergonomie, de l’apprentissage et de la compréhension.
- 01Faciliter l’accès sans le transformer en dépendance.
- 02Construire les priorités avec les artistes et leurs pratiques réelles.
Garder le pouvoir de décider.
Choisir ce qui reste privé, partagé, exporté ou supprimé.
- 03Rendre le consentement spécifique, compréhensible, traçable et révocable.
- 04Permettre l’export des données, preuves, métadonnées et informations de droits dans des formats exploitables.
Exiger une technologie responsable.
Rendre compréhensibles les usages des données et leurs conséquences.
- 05Expliquer ce qui est fait des œuvres, des données, des références et des choix.
- 06Soutenir l’intention humaine dans la recherche, l’organisation et la création.
- 07Dire les limites de ce qui peut être prouvé, protégé, détecté ou garanti.
Donner les moyens de se défendre.
Documenter les origines, conserver des preuves, contester les abus.
- 08Ne pas entraîner de modèle sur les œuvres protégées sans consentement explicite.
- 09Séparer la protection de la recherche, de l’indexation, de la recommandation et des autres usages.
- 10Développer des standards que d’autres personnes et outils peuvent adopter, vérifier et auditer.
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Notre raison d’être
Nous existons pour que la technologie élargisse la capacité de chacun à comprendre, créer et agir, en gardant le pouvoir de choisir.
Ces principes sont la raison d’être du projet. Ils doivent guider nos outils, notre économie et notre gouvernance.
04 — Aestelier / La première incarnation

La technologie amplifie.
L’artiste décide.
Aestelier est la première incarnation de la Mission Prométhée, dans le domaine où la tension entre travail humain, extraction des données et pouvoir technologique est la plus tangible : la création. Une œuvre peut circuler, perdre son attribution ou être utilisée sans que son auteur ait son mot à dire.
Aestelier explore des outils permettant aux artistes de profiter de technologies puissantes sans céder le contrôle de leur travail, de leurs données ou de leurs choix. Son rôle n’est pas de décider à leur place, mais d’élargir ce qu’ils peuvent créer, comprendre et protéger. Aujourd’hui, le projet écoute les pratiques de recherche de références des artistes.
05 — L’horizon
Des règles qui vivent
au-delà d’Aestelier.
Cette mission doit se lire dans les formats, l’économie et les décisions qui façonnent les outils. Voici les fondations vers lesquelles nous voulons avancer.
Des standards ouverts et interopérables. Des données protégées.
Travailler à des formats et protocoles ouverts, portables et interopérables pour la provenance, les autorisations et les exports, afin qu’ils fonctionnent au-delà d’Aestelier. Les œuvres privées et les informations sensibles doivent rester sous le contrôle de leurs créateurs.
Une économie au service de la mission.
La recherche, la sécurité, l’infrastructure, le travail juridique et l’accompagnement demandent des moyens durables. Les revenus doivent financer l’indépendance et la protection, les usages professionnels et institutionnels contribuant à un accès juste pour les artistes individuels. La publicité fondée sur l’extraction n’y a pas sa place.
Aestelier doit pouvoir refuser une source de revenus ou un partenariat contraire à la mission.
Une mission qui résiste à la capture.
La mission doit pouvoir résister aux intérêts du fondateur, de la direction, d’investisseurs, de partenaires commerciaux ou de tout acteur disposant d’un pouvoir disproportionné sur l’organisation. Ses garde-fous : règles publiques de consentement, décisions documentées, possibilité d’audit, droit de sortie et standards utilisables en dehors d’Aestelier.
À terme, les artistes et les personnes concernées par les outils doivent prendre part à leur gouvernance.
Ce que nous refusons
L’entraînement caché. Le consentement forcé. Les usages détournés. La revente opaque. La dépendance organisée.
Ces limites doivent s’appliquer à Aestelier lui-même.La suite / Une conversation
Que doit vous laisser
la technologie ?
Une habitude, une difficulté, une limite qui compte pour vous. Votre expérience peut nourrir les questions qu’Aestelier se pose.
contact@guillaumeschneider.frUn message à Guillaume Schneider. Aucun compte ni portfolio nécessaire.

